J’étais il y a quelques jours à Düsseldorf pour un salon qui, comme les jeux olympiques ou la coupe du monde, se tient seulement tous les 4 ans : la DRUPA. C’est le rendez-vous mondial des professionnels de l’impression. En 2004 la DRUPA avait reçu près de 400 000 visiteurs du monde entier. Cette année elle devrait en recevoir encore plus, ce qui témoigne de l’excellente santé de cette industrie.
Ce qui est étonnant dans ce salon c’est d’abord sa taille, à la mesure évidemment des machines de cette industrie, mais aussi du nombre d’intervenants. Certains stands de constructeurs tels que Xerox, HP, Heidelberg ou Kodak para exemple peuvent avoir la taille d’un salon entier au palais des congrès porte maillot.
Mais l’aspect le plus surprenant par rapport à d’autres salons c’est son cosmopolitisme. Évidemment sont présents des visiteurs de tous les pays occidentaux, peut-être même en proportion plus importante pour les pays européens qui peuvent se rendre à Düsseldorf plus facilement. Cette année, ce qui m’a semblé le plus étonnant était de voir le nombre impressionnant de visiteurs venus d’Inde et de Chine (avec en particulier de nombreux exposants Chinois, fabricants de machines). Finalement, la Drupa est à l’image du monde et de l’économie globale actuelle, ces deux nouvelles super-puissances reprenant un rôle plus conforme à la taille de leur population.
Dans tous les pays du monde, il y a des imprimeurs et des consommateurs de papier imprimé. La consommation de papier est directement liée à la santé de l’économie d’un pays. Plus un pays est riche et développé, plus on y consommera de papier. Plus on est éduqué et qu’on a les moyens de s’informer, plus on consommera plus de livres et journaux. Plus l’économie est florissante, et plus le marketing produira de courriers de marketing direct, flyers dans la rue. Plus on a de biens et services plus on recevra aussi de courriers tels que relevés de comptes, factures ou feuille d’impôts. Les entreprises aussi utiliseront plus de papiers pour leur communication interne, pour la formation des employés, et évidemment plus de cartes de visite... L’inverse est aussi évidemment vrai.
Alors je me suis posé la question de la légitimité d’un indice de développement basé sur la quantité de papier consommé par habitant. Après quelques recherches je trouve sur un site, soit dit en passant extraordinaire (swivel.com), les statistiques qui corroborent cette proposition.
D’abord la consommation de papier par habitant (en kilos/an) .
Le graphique parle de lui-même, tous les pays les plus développés en tête, et tous les pays très pauvres, en particulier d’Afrique, en queue. C’est impressionnant de voir que dans la plupart des pays d’Afrique on consomme moins d’1 kilo/an et par personne, et même pour certains comme le Burundi, le Rwanda ou le Tchad moins de 100g/an c’est à dire le poids d’un seul magazine, et presque du journal gratuit qui vous aura été remis ce matin dans le métro parisien.
D’autre part il est intéressant d’observer l’augmentation de consommation de papier en fonction du temps. On pourra en particulier observer la croissance de consommation exponentielle pour un pays comme la Chine passant de x en 1961 à 3,87 à 33,62 kilos, avec un net bond ces dernières années puisqu’elle multiplie par 3 sa consommation de 1985 à aujourd’hui. Cette croissance est évidemment à l’image de la croissance de l’économie chinoise.
Enfin, je trouve précisément ce que je cherchais. Un graphique comparant consommation de papier et PNB/habitant. Les Etats-Unis et la Finlande sont à droite les plus gros consommateurs et se détachent largement. Le Luxembourg est une exception et consomme relativement peu de papier par rapport à son PNB/habitant (mais lequel PNB est surtout lié à des activités financières peu productrice de papier). Pour le reste, la corrélation est presque parfaite avec une courbe qui se dessine de façon presque linéaire.
Alors, économistes, je vous propose d’étudier de façon plus approfondie la question, car un indice papier pourrait être un indice de développement très précis pour comprendre une économie et son évolution, à l’image de l’indice Big Mac inventé il y a quelques années par The Economist pour comparer le coût de la vie dans les pays où Mc Donald’s est présent.

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