Barack Obama sera le candidat du camp démocrate à l’élection présidentielle américaine.
Après une lutte acharnée contre une candidate de poids, Hillary Clinton, il est aujourd’hui donné potentiel vainqueur dans les sondages face à son adversaire républicain John Mc Cain. En vérité, c’est maintenant que le plus dur reste à faire pour le candidat démocrate.
Selon toutes vraisemblances, le camp républicain l’attaquera sur trois « défauts » majeurs qui peuvent faire peur à l’Américain moyen, et faire basculer l’opinion vers un candidat plus conservateur, voire plus rassurant.
Évidemment, Barack Obama est noir. Il va devoir chercher une majorité de votants dans un pays où l’année où il est né, en 1961, les mariages mixtes étaient encore interdits dans seize états. Certes, les Etats-Unis ont changé sur ce point, preuve en est sa candidature qui serait d’ailleurs encore difficilement imaginable dans beaucoup d’autres pays occidentaux, par exemple européens. Mais il reste encore beaucoup d’Américains à convaincre. Cependant, ce n’est pas sur ce point qu’il sera le plus attaqué.
Ce qui peut choquer le plus l’Américain moyen, c’est l’histoire familiale et religieuse de Obama. Son père, économiste Kenyan, est avant tout d’une famille musulmane. Peu d’Américains en prennent conscience aujourd’hui, mais le deuxième prénom de Barack est « Hussein », nom encore synonyme de danger, pour beaucoup d’Américains. Sa mère, américaine du Kansas, est athée, fait assez rare dans un pays où 70% de la population se rend à un service religieux chaque semaine. Divorcée lorsque Obama avait deux ans, elle s’est remariée à un indonésien musulman. Barack vécut une partie de son enfance en Indonésie, étudiant dans une école musulmane. Aujourd’hui, Obama s’est converti au christianisme (en vue d’une carrière politique diront certains), mais son parcours n’en reste pas pour le moins « original » pour l’Américain moyen. Sur Internet, les articles dénonçant son histoire familiale, et le décrivant comme l’ennemi musulman infiltré, commencent à fuser. Les Républicains, faisons leur confiance, sauront porter tout cela au grand jour.
Le troisième « défaut » de Obama est ce qu’il est socialement. Clairement, il n’est pas proche des couches populaires (c’est d’ailleurs Hillary Clinton qui a été plébiscité par ce segment de la population aux élections primaires). Il y a quelques semaines, s’exprimant devant un groupe d’électeurs démocrates du Middle West, il leur confiait sa préoccupation de l’inflation des prix des aliments, prenant comme exemple le prix de la roquette (« arugula ») chez Whole Food (supermarché bio que l’on ne trouve que dans les grandes villes), pas très convaincant… Sa femme gagne près de 300 000 dollars par an et tous deux sont issus des meilleures universités du pays (Princeton, Columbia, Harvard). Il faut aussi rappeler qu’il n’a que 37 ans. Là aussi, pour l’américain moyen, Obama est un personnage vraiment éloigné de leur quotidien. De là à le qualifier de « bobo » ou « yuppie » il n’y a qu’un pas.
Face à lui, Barack Obama aura un candidat âgé, conservateur, très rassurant pour la plupart des Américains. Il est moins à droite que Georges bush, moins religieux, et lui connaît les atrocités de la guerre puisqu’il a été fait prisonnier et torturé pendant des mois au Vietnam. D’ailleurs, Mc Cain a clairement indiqué qu’il fermerait la prison de Guantanamo, peut-être aujourd’hui le plus grand centre de torture au monde, source de honte pour beaucoup d’Américains et preuve que leur gouvernement actuel est allé trop loin dans la guerre, la privation des libertés, le non-respect des droits de l’homme.
Mc Cain c’est une sorte de force tranquille, un choix sans risque, mais aussi sûrement celui de l’immobilisme pour un pays fragilisé économiquement, de moins en moins respecté de par le monde, voire haï, et dont la position est « challengé » par les puissances montantes telles que la Chine.
Pour Obama, le combat sera donc très dur, et c’est ce qui rend intéressant cette élection. Plus que deux partis, deux hommes, ce sont deux façons de voir le monde qui s’opposent. D’un côté le candidat d’Exxon. De l’autre celui de Google (voir à ce sujet mon article « Obama chez Google »).
Si Obama arrive à surmonter ses « défauts », qui seront vraisemblablement placardés à la face de l’Amérique et du monde, cela rendra sa victoire encore plus forte. Le fait même de gagner cette élection américaine pour un noir, peu religieux, culturellement cosmopolite et prêt à discuter avec un président Iranien, montrera au monde qui sont les Américains d’aujourd’hui. Il pourrait faire oublier d’un trait les années Bush, si néfaste pour l’Amérique et pour le monde. C’est l’opportunité pour les Etats-Unis de redorer leur image, de redevenir un modèle de démocratie, une source d’influence, un ami pour tous les peuples et pays du monde…Ces Etats-Unis là, c’était le pays que je découvrais lorsque je m’y rendais pour la première fois en 1985.

Si mon coeur (et mon cerveau) penche nettement pus du côté du social barack que du guerrier john, j'espère avant tout voir une campagne qui ne joue pas que sur les préjugés et les mensonges afin que les américains aient réellement le choix.. mais ça me parait naïf d'y croire. Non ? (on a vu l'exemple du Mexique)
Exemples : Comme tu le dis, le candidat démocrate est né d'un père muslman mais ne l'a jamais été.. ce qui n'empêche pas les républicains de faire courir le bruit qu'il l'est activement. Il a suivi quelques cours dans une école des Philippines, qui devient une madrasa l'endoctrinant dans différents mails reçus depuis peu.. alors qu'il ne s'agit que d'une école publique (selon cnn), etc..
Rédigé par: MiKE | 08 juin 2008 à 06:13